Pensées positives, dérives et applications
Par Elise Ramaroson
30/03/20
d
Esprit | Coaching
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6 minutes

La pensée et la psychologie positives posent le principe que certaines personnes ont de meilleures capacités à être heureuses que d’autres. Or, le coaching consiste à mettre en place les conditions optimales pour que le client développe les compétences lui permettant d’atteindre son objectif. Le développement de cette compétence du bonheur serait donc primordiale. Pourtant si c’était si simple…il y aurait moins de malheur et de malheureux. Qu’en est-il réellement ? 

Pensée positive et psychologie positive

Il ne faut pas confondre pensée positive et psychologie positive, science qui s’intéresse à la santé et au bien-être. Approfondissons les différences existant entre ces deux courants.

La pensée positive repose sur des ouvrages populaires qui ne sont pas validés scientifiquement.

Ce courant débute avec la méthode COUÉ (1926) qui consiste à « La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente ». 

Il s’agit de se répéter régulièrement et consciemment un message positif « Ça va bien se passer ! Je suis quelqu’un de bien  ! Je vais le faire ! » pour qu’il agisse sur nous.

Puis dans les années 50 se développe la pensée positive (pasteur Vincent Norman-Norman Peale).

C’est un principe de vie qui propose de changer le regard que nous portons sur le monde, de voir la vie plutôt du « bon coté », d’être optimiste. 

Ces méthodes font l’objet de nombreuses critiques et des études américaines démontrent même que ceux qui adoptent ces attitudes connaissent plus de difficultés que les autres.

Un optimisme exagéré nous pousse à minimiser les problèmes, à nier la réalité et peut avoir des conséquences lourdes sur nos décisions et la manière dont nous conduisons notre vie.

A l’inverse, les personnes ayant une estime de soi basse peuvent rentrer dans une spirale les conduisant systématiquement à l’échec et engendrer de graves répercussions.

 Camillo Zacchia, chef en psychologie de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal en parle en ces termes : 

« Par définition, les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes pensent qu’elles ne valent pas grand-chose, aussi, en constatant que l’affirmation positive ne fonctionne pas, elles ont tendance à s’imputer la faute de l’échec… et à s’enfoncer davantage. »

« Il faut axer son intervention sur les croyances de la personne, plutôt que sur la répétition de phrases creuses, dit-il. Si je suis mauvais joueur au golf, ce n’est pas en me disant que je suis bon que je vais le devenir! »


La psychologie positive (Seligman) quant à a elle est « l’étude des conditions et processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des gens, des groupes et des institutions ». 

Cette théorie repose sur l’observation de « personnes positives » qui semblaient réussir dans la vie et déclaraient être plus heureuses. 

Les chercheurs ont donc tenté de découvrir pourquoi et comment ces individus y arrivaient mieux que la moyenne de la population pour être ensuite en mesure d’élaborer une méthode permettant de développer ces capacités chez les autres.

La psychologie positive fait également l’objet de critiques.

On lui reprochera par exemple une approche trop subjective des notions de bien ou de mal, de mieux ou de moins bien. Ou encore d’être trop générale dans son approche de l’optimisme. Une vie, un être humain ne se mesure pas à un instant T. Être optimiste peut servir dans une situation et desservir dans une autre.

Néanmoins, si vous êtes positif, sûr de vous, vous allez oser prendre des risques, des initiatives, tisser des réseaux. Bref, vous ferez tout pour rendre le succès possible. On parle là de l’estime de soi.

Si l’utilisation de la pensée positive ou de la psychologie positive est critiquée, leur intégration dans une démarche d’épanouissement personnelle peut être utile pour améliorer le niveau d’estime de soi ou renforcer la motivation.

Ces courants sont-ils des recettes du bonheur ?

Imaginer que l’unique fait de penser à quelque chose de positif nous rende heureux est premièrement peu fondé et deuxièmement risqué car cela nous inciterait à rêver notre vie plutôt qu’à la vivre.

La vie nous apporte des opportunités et des challenges, nécessite des efforts et de la persévérance, et quand nous progressons et touchons au but, nous savourons notre succès et c’est le bonheur.

Mais ce bien-être n’est pas permanent. Il se définit en réalité par la somme de petits moment où nous nous sentons bien parce que nous sommes avec des amis, parce qu’il fait beau, parce que nous avons réussi quelque chose…

Et comme nous n’avons pas tous les mêmes critères, les mêmes besoins ni les mêmes envies, nous nous fixons des objectifs différents et nous avons différentes idées du bonheur.

La sensation de bien-être est donc le résultat de ce processus : 

• Prendre conscience de nos émotions et de nos valeurs.
• Mettre en place des actions et des apprentissages bénéfiques à notre développement.
• Evaluer et apprécier le résultat.

Dans ce processus, de nombreuses techniques peuvent être appliquées. 

Par exemple, l’intelligence émotionnelle viendra faciliter la prise de conscience, les méthodes de planification ou d’acceptation du changement seront utilisées lors de la phase d’actions et le feedback permettra de faire un bilan.

La pensée et la psychologie positives quant à elles trouveront leur place entre la première et la seconde phase, c’est-à-dire au moment où l’on se fixe un objectif et où l’on s’apprête à passer à l’action. Leur utilisation permettra de croire en son projet et de l’aborder avec force et envie. De plus, elles mettront l’accent sur des points essentiels à la réussite du projet : 

 – Le plaisir, identifier ce qui nous procure de la joie et le faire. Les émotions sont très importantes pour la santé et les apprentissages.

– L’engagement, savoir ce qu’on a envie de faire parce que c’est important pour nous permet d’être plus motivé, plus persévérant et plus régulier.

– La satisfaction, savoir ce qu’on a envie d’obtenir est la condition indispensable pour être en mesure de célébrer le succès.

– La sérénité. Gérer le stress, prioriser et décider pour progresser dans de bonnes conditions.

Pour résumer, ces méthodes ne sont pas des recettes miracles, mais leur utilisation dans une démarche de développement personnelle est enrichissante.

Pour Matthieu Ricard :

« Elles nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains, tout en éprouvant une plus grande joie de vivre. »

Comment lier pensée/psychologie positives et action ?

Truc n°1 : 

Pensez à prendre du temps pour vous.

Une séance de sport, de la méditation, une sieste, une promenade, un moment de lecture…

Ce moment vous permet de vous recentrer, de diminuer le stress et de réfléchir à ce qui est important pour vous.

Truc n°2 :

Pensez à trois beaux moments de votre journée le soir avant de vous endormir (3 kifs par jour – Florence Servan-Scheiber).

Selon les psychiatres, votre cerveau enregistre ce bien-être dans son subconscient.

Truc n°3 : 

Pensez à quelques citations qui vous parlent.

Dans certaines situations, ces citations vous aideront à relativiser.

Truc n°4 : 

Soyez motivé ! Plus vous serez motivé et motiverez les autres, plus ils vous motiveront…

Remerciez, encouragez, donnez le droit à l’erreur, exprimez vos émotions…

Truc n° 5 : 

Rêvez, planifiez des projets…et réalisez-les !

Quelles actions mettre en place ?

pensee positive

A retenir

« Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir. »

Confucius

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, 
C’est parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles. »

Sénèque

« Les gagnants trouvent des moyens, les perdants des excuses. »

Franklin Roosevelt

Après des études de biologie, je me tourne vers la pédagogie et deviens professeur des écoles puis me spécialise dans l’enseignement du français langue étrangère (FLE). Très intéressée par le développement personnel et tournée vers les autres, c’est naturellement que je me forme alors au coaching.

méristHemE

méristHemE a pour vocation de vous accompagner vers un bien-être maitrisé en s'appuyant sur des méthodes claires et des sources transparentes.

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