Neurosciences, quelles applications en coaching ?
Par Elise Ramaroson
30/03/20
d
Coaching | Corps | Science
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8 minutes

Les neurosciences regroupent plusieurs champs disciplinaires (la biologie, la chimie, les mathématiques ou la neuropsychologie) qui étudient la structure du système nerveux et son fonctionnement.

En étudiant tous les aspects du système nerveux, de la molécule au corps tout entier, les neurosciences sont en mesure de proposer des applications concrètes utilisées dans de nombreux domaines comme le marketing, la finance ou l’intelligence artificielle.

Quel lien pourrait-on alors envisager avec le coaching ? Comment utiliser ces connaissances pour optimiser le développement personnel ?

Quelles connaissances apportent les neurosciences ?

Commençons par une brève description  du système nerveux. 

Le système nerveux central (SNC) est composé de l’encéphale et de la moelle épinière.

En moyenne, l’encéphale ne pèse que 1,3 kg chez l’adulte et pourtant il contrôle tout ! Réflexion, mouvements, mémoire, créativité, émotions…tout passe par lui.

Depuis les années 90, de nombreux articles de vulgarisation scientifiques nous décrivent deux catégories d’individus : les “cerveaux droits” (cartésiens et scolaires) et les  “cerveaux gauches” (spontanés et artistes).

Cette simplification est cependant contredite par de nombreux chercheurs pour qui l’utilisation du cerveau asymétrique est optimale car c’est justement l’activation simultanée des différentes zones des deux hémisphères qui permet plus d’efficacité et d’adaptation à l’environnement.

Les échanges d’informations entre les différentes zones du SNC puis entre le SNC et le système nerveux périphérique (SNP) permettrait de réaliser des tâches complexes. Le SNP est composé de ganglions et de nerfs et permet de transmettre les messages entre le reste du corps, l’environnement et le SNC.

Si la structure cérébrale est très complexe et n’a pas encore livré tous ses secrets, les scientifiques s’accordent sur une description de grandes zones auxquelles ils attribuent des fonctions principales  (intelligence,  émotions, actions, comportements …) qui sont toutes interconnectées.

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Concrètement, ces études nous expliquent la manière dont notre corps fonctionne.

Pourquoi pour apprendre il faut être dans de bonnes conditions émotionnelles, ou encore comment des comportements répétés influencent le cerveau.

Pourquoi il est difficile de réfléchir le ventre vide (la zone du système nerveux contrôlant l’appétit est prioritaire par rapport à la zone contrôlant la réflexion ou la mémorisation).

Ou encore que le stress prépare notre organisme au combat ou à la fuite mais pas à la réflexion. Pas favorable donc pendant un examen. 

Une autre grande donnée est que le système nerveux évolue sans cesse. Il est plastique.

Les connexions de notre système neuronal sont capables de s’adapter à notre environnement. Attention donc à l’alimentation, à l’activité physique, au sommeil, aux activités intellectuelles, aux relations sociales et affectives… tout cela modifie le système nerveux.

Enfin, les apports des neurosciences permettent de comprendre plus finement comment nous apprenons, comment nous mémorisons ou comment les émotions agissent sur nos comportements. La logique serait alors d’intégrer ces découvertes à notre quotidien et plus particulièrement aux méthodes d’enseignement et d’apprentissage. 

Quel lien avec le bien-être ?

Il n’y a pas un lien avec le bien-être, mais de multiples liens.

En effet, les émotions et leur régulation ont un impact évident sur le bien-être.

Notre capacité à changer, à apprendre, à acquérir de nouveaux savoirs et comportements, ont des impacts directs sur le bien-être.

La gestion du stress, nos capacités physiques, notre santé, nos relations…le système nerveux organise et régule tout et potentiellement, tout agit sur notre bien-être.

Il faudrait donc adopter une démarche globale, qui tienne compte des liens complexes entre le  bien-être et les aspects physique, intellectuel et émotionnel contrôlés par l’organisme.

Sur le plan des émotions  

Quand on est en colère par exemple, l’organisme se prépare au combat par une succession de stimulations. Les facteurs de stress agissent sur l’hypothalamus qui commande la production d’adrénaline par les surrénales. Puis le pic d’adrénaline stimule le système limbique qui prend le dessus sur le cortex…pas de réflexion ni d’analyse, il faut augmenter le rythme cardiaque, la tension artérielle, oxygéner davantage le cerveau et les muscles…priorité au combat ! 

Pour les autres émotions, d’autres hormones vont agir sur d’autres circuits et entrainer d’autres réactions de notre organisme.

Apprendre à reconnaitre nos réactions ainsi que les éléments déclencheurs nous permet de réguler nos émotions et même celles des autres (intelligence émotionnelle).

Ceci est primordial pour éviter le stress et les conflits mais également motiver et se motiver.

Sur le plan des apprentissages 

Toutes les formes de récompenses (bonne note, victoire, gain) entrainent la libération de dopamine. Or cette dernière est impliquée dans de nombreuses fonctions cognitives comme la mémorisation, l’apprentissage par renforcement ou le traitement des informations. 

On comprend mieux l’intéret d’apprendre en jouant.  L’erreur est autorisée, la réussite récompensée et le plaisir partagé. Excellent pour augmenter la production de dopamine et ainsi mieux apprendre et mieux mémoriser !

Sur le plan des comportements  

Certains comportements sont associés à l’augmentation ou à la diminution de neurotransmetteurs et d’hormones.

Par exemple, les personnes en recherche de nouveauté, qui aiment prendre des risques et font preuve d’impulsivité ont des taux élevés de testostérone et de transporteur de la dopamine.

Un comportement optimiste quant à lui correspond à un taux élévé de sérotonine qui agit sur le cerveau pour procurer un sentiment de bien-être, qui nous permet d’être optimiste et de nous sentir bien…plus on est optimiste plus on se sent bien, ou l’inverse !

Nos comportements ont donc des répercussions sur la chimie du cerveau et sur notre bien-être.

Sur le plan des relations 

Les relations ont des répercussions très importantes sur nos émotions. Et comme nous l’avons dit, la gestion du stress et des émotions est primordial pour le  bien-être.

Sur le plan physique  

30 minutes de sport par exemple déclenchent la libération d’endorphines par notre cerveau. Cette morphine naturelle passe dans le système nerveux puis dans l’organisme, entrainant une sensation de bien-être.

De la même manière, tout ce qui a attrait au corps entrainera des réactions en cascade avec au final des répercussions sur notre santé et sur notre bien-être.

Inutile de vous recommander de prendre soin de votre corps (nutrition, sommeil, santé, exercices physiques), d’écouter votre corps, d’accepter son rythme, de ne pas forcer,  d’aimer votre corps, de ne pas vous dévaloriser, ni laisser les autres vous dévaloriser.

Comment utiliser les neurosciences pour progresser vers ses objectifs et vers plus de bien-être ? 

Seul ou avec un coach, être conscient du pouvoir de notre cerveau et utiliser l’ensemble de ses capacités est un atout majeur pour progresser et se sentir mieux. Voici concrètement un exemple d’utilisation en coaching sollicitant principalement 4 zones cérébrales.

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Les découvertes en neurosciences ouvrent la voie au neurocoaching et plus nous comprendrons le fonctionnement de notre cerveau, plus nous pourrons travailler sur nous-mêmes pour changer nos habitudes ou réguler nos émotions.

Pour commencer, voici 3 petits exercices à essayer :

• Soyez plus attentif

Essayez de ne faire qu’une chose à la fois et pensez  à faire des pauses pour laisser votre cerveau souffler !

• Entraînez votre mémoire

Entraînez-vous à retenir des informations et ne demandez pas à votre smartphone de le faire !

Faites des liens avec des notions plus anciennes, ceci renforcera votre mémoire.

• Domptez le stress

Apprenez à reconnaitre les signes de stress (respiration, rythme cardiaque, chaleur, ton de la voix…) et ne le laissez pas gagner. Reprenez le contrôle. Respirez calmement, aérez, écoutez de la musique…puis essayez de répondre au facteur de stress de manière appropriée. Clarifiez, interrogez, demandez du feedback. 

Quelles actions mettre en place ?

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A retenir

• Favoriser les approches multi sensorielles car le processus d’apprentissage est d’autant plus efficace qu’il fait appel à plusieurs sens.

• Séquencer les apprentissages pour que le cerveau puisse se reposer et soit plus efficace. 

• Donner et recevoir du feedback booste l’apprentissage, la mémorisation et la valorisation.

• Prendre soin de son corps : dormir, bouger et se nourrir sainement pour mémoriser, « fabriquer » des neurones (neurogénèse), être plus concentré et plus efficace. 

Après des études de biologie, je me tourne vers la pédagogie et deviens professeur des écoles puis me spécialise dans l’enseignement du français langue étrangère (FLE). Très intéressée par le développement personnel et tournée vers les autres, c’est naturellement que je me forme alors au coaching.

méristHemE

méristHemE a pour vocation de vous accompagner vers un bien-être maitrisé en s'appuyant sur des méthodes claires et des sources transparentes.

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