Et les enfants ? Eux aussi ont besoin de bien-être…
Par Elise Ramaroson
11/04/20
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Coaching | Corps | Esprit
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8 minutes

Lorsque nous parlons de bien-être, nous comprenons tous de quoi il s’agit. Et pourtant, si on creuse un peu, il est fort probable que chacun d’entre nous y voit différentes choses : relaxation, sécurité, loisirs, amis, ou bien d’autres choses encore… Et qu’en est-il des enfants ? Ont-ils les mêmes besoins que les « grands » en matière de bien-être, et comment les aider à être bien ?

En quoi le bien-être des enfants est particulier ?

La Convention Internationale des droits de l’enfant (CIDE) nous amène de précieux éléments de réponse et permet de poser les bases en définissant plusieurs catégories :

  • Le bien-être physique. Entendons par là l’état de santé générale, une nutrition équilibrée, l’accès aux soins, l’activité physique et la sécurité.
  • Le bien-être psychologique. C’est-à-dire la façon dont les enfants se voient et se projettent dans l’ avenir.
  • Le bien-être social. L’enfant peut-il s’épanouir en ayant suffisamment de relations de qualité ?
  • Le bien-être culturel. Les conditions d’apprentissage, de raisonnement et de mémorisation sont-elles optimales et permettent-elles à l’enfant d’atteindre les performances correspondant à sa tranche d’âge ?
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Les sociétés modernes proposent des services et des stuctures qui cloisonnent et juxtaposent ces différents besoins. En tant que parents, nous sommes tentés de nous en remettre aux enseignants pour ce qui est de la culture, aux médecins pour ce qui concerne le physique, aux associations pour le volet social au détriment parfois du bon sens. Car l’enfant est un tout et ce 24 heures sur 24.

Le cloisonnement permet une veille attentive, surveiller son poids, ses vaccinations, ses compétences scolaires, mais ne permet pas de lier les différents domaines en y apportant sens, motivation et épanouissement.

Si trois de ces domaines sont au top mais qu’un seul d’entre eux fait défaut, le bien-être ne sera pas au rendez-vous.

Prenons l’exemple d’un collégien, en bonne santé, bénéficiant d’une alimentation équilibrée, ayant accès aux soins et pratiquant une activité physique régulière, fort à l’école, rêvant de devenir astronaute, mais n’ayant pas d’amis… A votre avis, sur une échelle de 1 à 10, quelle note attribue t-il à son bien-être ?

Quand un des domaines est dans le rouge…comment accéder au bien-être ?

La particularité des enfants face à l’accès au bien-être est de ne pas avoir le pouvoir décisionnel. Impossible pour eux de prendre la main sur la situation et de s’engager vers des solutions. Impossible de dire « je change de collège, je m’inscris dans un club de foot pour me faire de nouveaux amis, je prends un coach , je demande de l’aide »… Pour cela, le mineur est dépendant de grandes personnes qui ont autorité sur lui. Le devoir de ces personnes est de lui proposer, non de lui imposer une aide appropriée.

Or, définir une aide adéquate est loin d’être évident. Il est tout d’abord nécessaire de connaître les difficultés que le mineur rencontre ainsi que ses réels besoins. Selon la tranche d’âge, les difficultés et le type de relations, la communication avec l’enfant n’est pas toujours aisée. Bilans, parfois avec plusieurs spécialistes, rendez-vous, entretiens, cela demande du temps, de l’argent et un réel engagement de tous.

Une autre difficulté est que les personnes ressources doivent se mettre d’accord et travailler ensemble. Les parents, enseignants, soignants, et parfois membres des services sociaux doivent communiquer et statuer ensemble dans l’intérêt de l’enfant. Cette communication et ce compromis ne sont pas choses faciles et bien souvent, l’accompagnement d’un facilitateur est utile. Malheureusement, une telle pratique reste rare.

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Pourtant, si l’objectif final est l’épanouissement de la personne, la présence d’un facilitateur* garantissant la coordination et la coopération des intervenants des différents domaines de bien-être est primordiale. Son intervention aura un impact non seulement sur l’efficacité du programme d’aide, mais également sur le niveau de bien-être et de satisfaction de l’ensemble des interlocuteurs.
*Personne qui se positionne en retrait d’un groupe de travail pour accompagner sa réflexion et aider à ce qu’il aille le plus loin possible.

Comme nous l’avons décrit dans la première partie, c’est bien en permettant à l’individu d’être OK dans les 4 grands domaines que l’épanouissement sera possible. Il faut donc décloisonner, faire des liens et expliquer la nécessité de ces liens pour faire bouger les lignes.

Certains enfants, parents, enseignants, soignants ou spécialistes parviennent déjà à cette harmonie. Dans d’autres cas, ce travail est plus délicat, et c’est là qu’un accompagnement peut être bénéfique. L’accompagnateur veillera au respect des règles d’engagement, au maintien de la motivation et au déroulement du plan d’actions dans l’objectif d’aider l’enfant. En organisant la communcation, l’équilibre entre les 4 domaines sera plus facile à trouver, les rôles de chacun seront mieux définis, et les risques seront plus vite repérés.

Quand les 4 domaines sont dans le vert… comment faire pour contribuer au maintien du bien-être ?

Apprécier ce qui est beau, apprendre et se développer en s’amusant, mâitriser son corps, savoir se calmer et gérer ses émotions, être capable de se concentrer… La liste des activités est sans fin et dépendra des besoins et désirs de chacun.

Votre enfant déborde de vitalité ?
Suggérez-lui de changer de style d’activités et de ralentir son rythme.
Changer de lieux, organiser l’espace et le temps différement pour expérimenter de nouvelles choses. Coin lecture, cuisine, sorties à thèmes… L’idée est de proposer un large choix pour éveiller son attention et faire émerger d’autres pôles d’intérêt.

Usez et abusez du rire !
Le rire fait du bien et c’est scientifiquement prouvé. Bon pour les poumons, excellent pour relâcher les muscles, parfait pour faire baisser la tension. Une bonne séance de rire déclenchera une sécrétion d’endorphines et une sensation de bien-être.

Créer un environnement sympa.
Déco, bruit, lumière, qualité de l’air… de petits détails font souvent toute la différence.

Et surtout, prenez le temps…
Quand vous êtes avec votre enfant, soyez vraiment présent. Essayez de ne plus penser à votre travail, aux tâches domestiques, à votre discussion avec votre collègue ou à toute autre chose. Planifiez vos obligations pour être en mesure de lui consacrer un temps suffisamment long. Et enfin, montrez lui que vous êtes content de partager ce moment avec lui. Dites lui avec des mots, avec des sourires, et avec le cœur.

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Remarque pour les plus petits : les tout-petits n’ont pas les mêmes besoins ni méthodes que nous. Si vous espériez vous relaxer avec votre petit bout de chou en faisant de la méditation immobile et passif, oubliez ! En revanche, les jeux calmes faisant appel au corps seront appréciés. Quelques minutes de jeux d’étirements, de massage ou de respiration suffiront à l’apaiser et à le rassurer.

Quelles actions mettre en place ?

Nous vous le disions : à chacun de faire son programme et de trouver chaussure à son pied. Voici néanmoins quelques « classiques » pour débuter :

  • Le yoga
    Il existe des postures simples pour bien débuter avec les enfants. Les noms évocateurs les amuseront et les aideront à les mémoriser. Posture de l’arbre, du singe, du chien tête en bas… Le tout est de ne pas les dégouter par des séances trop longues. Une fois encore, quelques minutes suffisent.
  • Coloriages et mandalas
    Sélectionner le thème préféré de votre petit artiste, différentes sortes de crayons et laissez la magie opérer. Le coloriage est certe un grand classique mais permet à coup sûr de calmer les enfants et de les aider à se concentrer.
  • La respiration
    S’amuser avec sa respiration est un très bon moyen de se concentrer et de se détendre à la fois. S’initier à la respiration abdominale en gonflant et dégonflant son ventre comme un ballon ou bien encore faire des jeux utilisant des pailles et des petites billes de liège ont des effets « magiques » qui permettent aux petits comme aux grands de se reconnecter au moment présent.
  • Le jeu
    Le jeu est un excellent moyen pour apprendre, échanger, se retrouver, partager, bref, se faire du bien. Du domino le plus classique au jeu de stratégie élaboré en passant par les jeux sportifs ou autres jeux vidéos sans oublier les jeux de rôles et d’imitation, il n’y a que l’embarras du choix. Veillez simplement à adapter la difficulté et le temps requis à l’âge de votre progéniture, variez les plaisirs, et profitez d’un bon moment présent.
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A retenir

  • Les enfants ont eux aussi besoin de bien-être.
  • Les adultes doivent les aider dans cette recherche de bien-être, en veillant à compléter les 4 domaines : physique, psychologique, social et culturel.
  • Créer un environnement agréable et partager du temps avec les enfants est favorable au bien-être des grands comme des moins grands.
Après des études de biologie, je me tourne vers la pédagogie et deviens professeur des écoles puis me spécialise dans l’enseignement du français langue étrangère (FLE). Très intéressée par le développement personnel et tournée vers les autres, c’est naturellement que je me forme alors au coaching.

méristHemE

méristHemE a pour vocation de vous accompagner vers un bien-être maitrisé en s'appuyant sur des méthodes claires et des sources transparentes.

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